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Le Gros-Cerveau dans l’imaginaire local : …


Le Gros-Cerveau… Cette arête rocheuse bordant la plaine d’Ollioules- Sanary a de tout temps excité les imaginations. Cette montagne calcaire de 300 mètres de hauteur, s’étirant d‘est en ouest limite en fait deux mondes bien distincts : le monde littoral et l’arrière pays. Sa masse impressionnante tranche avec la plaine littorale au sud et le bassin du Beausset au nord. Gustav Jung disait que de tout temps, les lieux élevés avaient cristallisés les angoisses humaines. Le Gros-Cerveau n’a pas échappé à la règle. Au XVIIe siècle, les sorcières poursuivies s’y sont réfugiées, et auraient vécu dit-on dans la grotte qui porte aujourd’hui leur nom : la grotte des Mascs (sorcières en provençal). Il s’agit probablement d’une confusion avec le Mas, nom également donné au Mont-Garou.
 
A la fin du XVIIIe siècle Gaspard  de Besse y aurait aussi séjourné, une grotte porte son nom. Outre la notoriété de ses hôtes, l’aspect lugubre de ses pentes a ajouté à sa mauvaise réputation. Garou vient probablement du toponyme garrot qui signifie endroit escarpé. En fait, ce lieu est le conservatoire de la mémoire du pays, c’est là que  se concentrent la plupart des légendes, c’est là que l’on rencontre les traces d’occupations historiques les plus anciennes.
 
Du point de vue archivistique, la première mention de Sancti Nazarli, probable chapelle érigée en ce lieu, remonte à 1113. Elle figure sur une charte par laquelle le pape Pascal II confirme les bénéfices de l’abbaye de Saint-Victor de Marseille à son abbé Otton. Cette mention accrédite d’ailleurs l’hypothèse qui veut que le terroir de Saint-Nazaire ait jusqu’en 1156, fait partie du terroir Six-Fours. Certes, les quelques pêcheurs et agriculteurs qui vinrent dès lors s’installer à l’emplacement de ce qui deviendra le village de Saint-Nazaire ne furent pas les premiers habitants du rivage.



© sanarysurmer