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Mieux Vivre n°210 - Octobre 2016

Mieux vivre à Sanary N° 210 :

Sanary, le 20 septembre 2016,

Je viens de terminer la lecture du beau livre de Michèle Kahn, « Un soir à Sanary »*.
Je ne vais pas vous raconter ni commenter cette évocation romanesque d’une période de l’Histoire, mal connue, y compris par ceux qui étaient à Sanary à ce moment-là, et même pas imaginée par leurs descendants.
Nous découvrons comment ont été accueillis les réfugiés allemands, autrichiens qui fuyaient le nazisme, la plupart était d’origine juive.
La fin de la première Guerre Mondiale datait de moins de quinze ans.
Ils étaient les fils d’un peuple qui nous avait fait perdre tant d’hommes dans de très nombreuses familles. Pourtant, la générosité de notre village fut au rendez-vous dans le plus profond respect envers ceux qui fuyaient une dictature sanguinaire.
Puis vint le moment où les nazis envahirent notre pays, les autorités de Vichy firent interpeller tous ceux qui avaient une origine germanique, réfugiés fuyant le nazisme ou pas.
Nombreux furent ceux qui considérèrent les uns et les autres d’un autre regard.
« Ces hommes et ces femmes que nos ainés côtoyaient tous les jours dans les rues de Sanary, à la terrasse des cafés étaient-ils fiables ? »
« Les émigrés installés depuis longtemps chez nous étaient-ils pro ou anti nazis ? »
Malgré cela, de très nombreux français firent le choix de les protéger, convaincus qu’ils ne trahiraient pas le pays qui les accueillait et ne tromperaient pas la confiance de ceux qui prirent le risque de les cacher des forces de l’ordre de Vichy et des dénonciateurs potentiels ou bien présents.
Ainsi naquirent de belles histoires, où l’amour de son prochain fut si fort qu’aujourd’hui, 70 ans plus tard, l’Histoire et aussi l’Etat d’Israël continuent avec ferveur à rendre hommage aux courageux, Justes parmi les Nations, honneurs de notre pays.
Cette lecture et les événements que nous vivons aujourd’hui m’interpellent.
Quand nous voyons les cohortes de réfugiés fuir la terreur au Moyen Orient, elles ressemblent à celles que notre pays a connues au moment où les forces nazies envahissaient le Nord de la France.
L’actualité nous montre que les Français dans leur grande majorité refusent d’accueillir des réfugiés. Est-ce un manque de fraternité ou tout simplement des phobies justifiées ?
Justifiées par le fait d’abord que des congénères de ces réfugiés assassinent de paisibles français, menacent notre Pays, insultent notre drapeau et rejettent notre culture, nos traditions et tout ce qui fait l’Histoire de notre Pays.
Dans ces conditions, les craintes des Français s’expliquent et se comprennent.
La générosité de notre peuple dans ces conditions ne peut pas être mise en doute.
Quand un membre de la communauté juive de Sanary compare le génocide des Chrétiens d’Orient à la souffrance des peuples d’Israël au temps du nazisme, cela interpelle et nous invite à réfléchir aux solutions possibles et à notre responsabilité de citoyen.
Entre fraternité et inquiétude, entre amour de son prochain et prévention, le chemin est complexe.

*Editions : Le passage

 

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